février 2026
Notre retour sur 10 événements marquants de 2025 en assurance médicaments
Nous vous proposons de revisiter les événements marquants de l’année 2025 dans cette onzième édition de notre palmarès récapitulatif en assurance médicaments.
ÉVOLUTION LÉGISLATIVE
1. Évolution du régime national d’assurance médicaments
2. Financement fédéral majeur pour les médicaments contre les maladies rares au Canada
3. Adoption de la loi 11 en Alberta
4. Modifications réglementaires au Québec
5. Fin des réseaux fermés de pharmacies privilégiées en Ontario?
DÉVELOPPEMENT DU MARCHÉ DES MÉDICAMENTS
6. Les médicaments pour la perte de poids sous les projecteurs (WegovyMD et ZepboundMD)
7. Génériques du sémaglutide (OzempicMD/WegovyMD)
8. Santé Canada approuve un traitement novateur pour la dépression post-partum
À ce jour, trois provinces et un territoire ont ratifié une entente pour la mise en œuvre du régime national d’assurance médicaments. Les programmes au Manitoba et à l’Île-du-Prince-Édouard ont été mis en place en 2025, alors qu’un lancement est attendu en 2026 en Colombie-Britannique et au Yukon.
La couverture actuelle vise les contraceptifs et certains médicaments pour la gestion du diabète. De façon générale, cela pourrait représenter une réduction de la dépense en médicaments de 3 % pour les régimes privés. Notons que le Manitoba et la Colombie-Britannique ont également inclus une couverture publique gratuite pour l’hormonothérapie de substitution dans le cadre de leur entente respective avec le gouvernement fédéral.
Le premier budget du gouvernement Carney a maintenu le financement prévu au régime national, sans toutefois en ajouter. Il sera intéressant de suivre la situation au cours de la prochaine année afin de voir si d’autres provinces et territoires donneront suite au programme fédéral.
En 2023, le gouvernement du Canada a annoncé la toute première Stratégie nationale visant les médicaments pour le traitement des maladies rares, un engagement majeur pour améliorer l’accès, la couverture et l’accessibilité financière des traitements destinés aux personnes atteintes d’une maladie rare. Après une période de négociations et de préparation, la mise en œuvre concrète de cette stratégie s’est véritablement matérialisée en 2025 avec la signature de la majorité des ententes bilatérales avec les provinces et territoires.
Cette stratégie fédérale prévoit un investissement total pouvant atteindre 1,5 milliard de dollars sur trois ans, dont la vaste majorité sera versée aux provinces et territoires par accords bilatéraux. Ces fonds visent à soutenir l’accès à des médicaments nouveaux et existants, le dépistage précoce, le diagnostic et les soins pour les personnes atteintes de maladies rares, soit environ une personne sur douze au Canada¹.
À partir de 2025, l’ensemble des provinces et territoires ont conclu des accords bilatéraux avec le gouvernement fédéral. Ces ententes reconnaissent la réalité financière des traitements des maladies rares, dont les coûts annuels peuvent varier de 100 000 dollars à plus de 4 millions de dollars par patient, rendant l’accès difficile sans intervention structurée.
Les répercussions à prévoir sur les régimes privés restent à déterminer. D’une part, l’élargissement de l’accès à ces traitements pourrait entraîner une augmentation du volume de réclamations, à mesure que davantage de patients obtiennent des traitements auparavant difficiles d’accès. D’autre part, les efforts visant à rendre ces médicaments ultraspécialisés plus abordables pourraient contribuer à réduire le coût des réclamations individuelles. L’effet net dépendra du rythme d’intégration de ces traitements aux régimes publics et des modalités d’accès mises en place par les provinces et territoires.
| Un médicament « ultraspécialisé » désigne un traitement de pointe, généralement très coûteux, destiné à des indications cliniques rares ou complexes et soumis à des critères d’accès stricts. |
Le 18 décembre 2025, l’Alberta a adopté le projet de loi 11 (Health Statutes Amendment Act). Ce texte législatif vient redéfinir la répartition des responsabilités entre les secteurs privé et public dans la province. Plus précisément, en ce qui concerne la couverture des médicaments sur ordonnance, la loi désigne explicitement les régimes privés d’assurance comme premiers payeurs. Cette réforme importante pourrait ouvrir la voie à une transformation du modèle de financement du système de santé en Alberta.
Parmi les principaux effets anticipés pour les régimes privés d’assurance médicaments, on retrouve :
- l’obligation pour les employeurs de maintenir la couverture pour les personnes salariées actives de 65 ans et plus;
- la possible révision de l’option d’exemption pour les régimes d’assurance médicaments lorsqu’un régime est offert par l’employeur;
- une coordination plus claire entre les régimes privés et la couverture publique existante, comme le régime « Non-group Coverage »;
- la possibilité de changements à la couverture des services médicalement nécessaires (y compris les médicaments) en milieu hospitalier.
Le projet de loi 11 introduit un modèle hybride public-privé unique au pays, plaçant le secteur privé au cœur du financement principal, autant pour les soins de santé primaires que pour l’assurance médicaments, ce qui transfèrera une plus grande part des coûts aux régimes privés.
Resserrement de la mesure du patient d’exception au Québec
En 2025, le Québec a apporté des modifications importantes aux règles encadrant l’accès et le remboursement de certains médicaments, avec des répercussions tant pour le régime public que pour les régimes d’assurance collective privés. Ces changements visent principalement à mieux contrôler les coûts et à renforcer l’encadrement clinique des traitements remboursés.
La mesure du patient d’exception a été resserrée. Les nouvelles règles déployées entre juillet et décembre 2025 réduisent le nombre d’exceptions possibles et encadrent davantage l’accès aux médicaments exclus de la couverture normale. Dorénavant, seuls les médicaments dont la valeur thérapeutique a été reconnue par l’INESSS sont admissibles, et les demandes doivent démontrer des bénéfices cliniques clairs. Les versions de marque ne sont plus couvertes lorsqu’une version générique est disponible. Un délai maximal de 120 jours est également imposé aux fabricants pour déposer une demande d’inscription après l’approbation de Santé Canada, sans quoi le médicament devient inadmissible à la mesure. Ces critères serviront aussi de référence aux assureurs privés lorsque la liste de la RAMQ est couverte par le régime.
Fin du statut d’exception pour Concerta au Québec
Depuis le 11 décembre 2025, Concerta ne bénéficie plus d’un statut d’exception au Québec. Seule la version du méthylphénidate offerte au prix le plus bas est désormais remboursée par le régime public, rendant la substitution générique obligatoire. Cette pratique était déjà en place dans la majorité des autres provinces et territoires canadiens. Les assureurs privés ont adopté la même approche, ce qui permettra de réduire les coûts des régimes d’assurance collective. Pour un régime québécois, cette mesure pourrait entraîner des économies d’environ 65 % sur les coûts liés à Concerta, soit une diminution estimée entre 0,5 % et 1 % des coûts globaux d’assurance maladie, selon le poids de ce médicament dans les réclamations.
L’Ontario envisage actuellement de restreindre l’usage des réseaux fermés de pharmacies privilégiées dans les régimes privés d’assurance collective. Cette nouvelle orientation, issue de consultations publiques, vise à favoriser le choix des patients et à encourager la concurrence entre les pharmacies. Si l’Ontario allait de l’avant, selon les modalités mises en place, la structure ou les paramètres de remboursement de certains régimes pourraient nécessiter une révision.
Ces réseaux sont largement utilisés au Canada pour assurer des honoraires concurrentiels. Ils peuvent toutefois poser des défis d’accessibilité – par exemple dans les milieux ruraux – et soulever des enjeux liés à la saine concurrence, notamment pour les pharmacies indépendantes. Des questions se posent également quant à la transparence des pratiques.
L’Ontario propose de remplacer ces réseaux fermés par un modèle ouvert dans lequel toute pharmacie acceptant les mêmes conditions financières pourrait intégrer le réseau. Les prochaines étapes réglementaires restent à surveiller et pourraient entraîner des modifications dans la gestion financière des régimes en Ontario.
| Un « réseau fermé de pharmacies privilégiées » est un groupe restreint de pharmacies sélectionnées par l’assureur ou l’administrateur d’un régime pour offrir des médicaments à des conditions négociées (prix, honoraires professionnels, services). Les personnes assurées peuvent généralement obtenir de meilleurs remboursements ou payer des frais moins élevés en utilisant ces pharmacies partenaires. |
Les coûts liés à ces médicaments sont en hausse marquée depuis quelques années dans les régimes d’assurance collective qui couvrent ce type de traitement. Bien que WegovyMD soit arrivé sur le marché canadien en 2024, son utilisation soutenue a continué d’exercer une pression sur les régimes privés en 2025.
Cette pression s’est accentuée avec l’arrivée en 2025 de ZepboundMD, un nouveau traitement approuvé par Santé Canada le 13 mai 2025 et rendu disponible en pharmacie à compter de juillet. Offert à un coût comparable à celui de WegovyMD, ce médicament relance les discussions sur l’accès élargi à ces traitements et sur la gestion des dépenses associées.
Ces nouveaux médicaments obligent les régimes privés à trouver un juste équilibre entre l’accès à des traitements efficaces pour la perte de poids et le contrôle des coûts. Dans ce contexte, il est attendu que les critères d’autorisation et de couverture continuent d’évoluer afin de mieux encadrer leur utilisation et leurs répercussions financières. Les promoteurs de régimes devront alors évaluer leurs options afin de répondre à leurs objectifs. Faciliter l’accès à des services professionnels, par exemple en santé mentale ou en nutrition, peut aussi influencer positivement la santé du patient et sa productivité.
Plusieurs fabricants ont déposé en 2025 une demande d’homologation auprès de Santé Canada afin de commercialiser, au deuxième ou troisième trimestre de 2026, des versions génériques de cette molécule dont les noms de marque sont OzempicMD et WegovyMD. Des économies de l’ordre de 60 à 70 % sont attendues et permettront aux régimes privés d’économiser jusqu’à 3 % des coûts globaux d’assurance maladie.
Novo Nordisk, fabricant d’origine, prévoit également commercialiser ses propres versions génériques (« ultragénériques ») à prix réduit. Cette démarche traduit la volonté du fabricant d’origine à assurer sa présence dans un marché appelé à devenir plus concurrentiel.
En décembre 2025, Santé Canada a approuvé la commercialisation de ZurzuvaeMC (zuranolone), le premier médicament par voie orale conçu spécifiquement pour traiter la dépression post-partum modérée à grave. Administré pendant 14 jours, il se démarque par une action rapide avec des effets cliniquement significatifs, observés dès le troisième jour de traitement lors des essais cliniques.
Son mécanisme d’action offre une solution de rechange aux approches traditionnelles, reflétant les avancées récentes en matière de traitements en santé mentale, et pourrait aider près d’une femme sur cinq souffrant de ce trouble après avoir donné naissance. Des coûts d’environ 22 000 $ sont attendus pour ce traitement. Il pourrait donc être assujetti à des critères d’admissibilité, notamment à une autorisation préalable.
Par ailleurs, les organisations qui souhaitent offrir un soutien complémentaire à la pharmacologie peuvent également explorer les solutions émergentes, en croissance sur le marché, et spécialement conçues pour la santé des femmes. L’intégration de ces approches novatrices permet de renforcer le soutien en santé mentale.
Le paysage vaccinal au Canada évolue sur plusieurs fronts :
- Maladie de Lyme – La troisième et dernière phase d’essais cliniques pour le vaccin mis au point par Pfizer et Valneva devait se terminer en 2025. Une demande d’approbation réglementaire est envisagée pour 2026, en fonction des résultats obtenus quant à son efficacité et à son innocuité. Il s’agit, à ce jour, du produit le plus avancé dans ce domaine.
- Virus respiratoire syncytial (VRS) – La vaccination pour le VRS connaît une forte expansion au Canada. Plusieurs provinces et territoires l’offrent maintenant gratuitement à la grande majorité des nourrissons. Malgré cette avancée, des spécialistes recommandent un élargissement vers une protection universelle pour tous les nourrissons en raison de la contagiosité du VRS et de ses conséquences sur les hospitalisations infantiles.
- COVID-19 – En 2025, la responsabilité de l’achat et de la gestion de la vaccination pour la COVID-19 a été transférée du fédéral aux provinces et territoires. Au Québec et en Alberta, la vaccination est désormais gratuite uniquement pour les groupes à risque (personnes aînées et populations vulnérables). Ailleurs au pays, la vaccination continue d’être offerte gratuitement à toutes les personnes qui souhaitent la recevoir. Cette variation par province/territoire et la tendance de réduction de couverture des régimes publics traduisent un possible transfert de coûts graduel vers les régimes privés pour la population générale.
En début d’année 2025, les menaces de nouveaux tarifs douaniers aux États-Unis ont suscité des craintes quant à de possibles pénuries de médicaments au Canada. À ce jour, aucune pénurie liée à ces tarifs n’a toutefois été constatée et les chaînes d’approvisionnement sont suivies de près.
La vigilance sera importante au cours des prochains mois quant à l’évolution de la situation et aux répercussions potentielles de la conjoncture américaine sur l’accès aux médicaments au pays.
¹ Gouvernement du Canada, communiqué de presse, [En ligne].
[https://www.canada.ca/fr/sante-canada/nouvelles/2025/03/le-gouvernement-du-canada-signe-une-entente-bilaterale-avec-le-quebec-concernant-les-medicaments-pour-les-maladies-rares.html].
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