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février 2024

Notre retour sur 10 événements marquants de 2023 en assurance médicaments

ÉVOLUTION DES RÉGIMES PUBLICS
1. Médicaments biosimilaires : l’élan se poursuit!

En 2023, le virage des provinces vers l’utilisation de médicaments biosimilaires s’est poursuivi. La Nouvelle-Écosse, Terre-Neuve-et-Labrador, l’Ontario, le Yukon et la Saskatchewan ont officiellement suivi le mouvement national cette année.

L’Île-du-Prince-Édouard rejoindra les autres provinces et territoires canadiens lorsque la période de transition se terminera en juin 2024. Les gouvernements du Manitoba et du Nunavut, quant à eux, n’ont toujours pas annoncé de transition.

Depuis le début du virage des provinces vers l’utilisation des médicaments biosimilaires, l’offre s’est grandement élargie au Canada. Plus de 40 médicaments biosimilaires différents sont maintenant homologués par Santé Canada.

2. Accès gratuit à la contraception : la Colombie-Britannique ouvre la voie

Le 1er avril 2023, la Colombie-Britannique est devenue la première province canadienne à offrir gratuitement les produits contraceptifs sur ordonnance à sa population. Ces produits représentent environ 2 % de la dépense totale en médicaments pour les régimes d’assurance privés en Colombie-Britannique. Cette mesure représente donc une réduction de coûts pour les régimes d’assurance privés de la Colombie-Britannique.

Cette mesure ne couvre pas seulement les pilules contraceptives, mais aussi la plupart des injections, dispositifs intra-utérins en cuivre et hormonaux, implants sous-cutanés ainsi que la pilule Plan B (appelée couramment « la pilule du lendemain »).

Notons également que depuis le 1er juin 2023, les pharmaciennes et les pharmaciens de la Colombie-Britannique peuvent prescrire certains médicaments, incluant les contraceptifs.

Les organisations pancanadiennes pourraient y voir une occasion de couvrir davantage de dispositifs contraceptifs, comme le fait la Colombie-Britannique, afin d’assurer une meilleure équité au sein de son personnel.

3. Crise des opioïdes : le bilan s’alourdit

Un fléau qui s’aggrave
Le nombre de décès reliés aux surdoses d’opioïdes continue d’augmenter partout au Canada, les quatre provinces les plus touchées étant, par ordre d’importance, l’Ontario, la Colombie-Britannique, l’Alberta et le Québec.

Actions entreprises par les compagnies d’assurance
En constante évolution, les programmes proactifs de gestion des opioïdes offerts par les assureurs comportent généralement la mise en place de deux mesures : limiter l’approvisionnement à 7 jours pour commencer le traitement et inciter les personnes assurées à débuter par un opioïde à courte durée d’action (à l’exception des cas de cancer et lorsque le corps médical prescrit des opioïdes à longue durée d’action comme traitement de première ligne).

Mesures prises par la Colombie-Britannique
La Colombie-Britannique, la deuxième province affichant le plus haut taux de décès d’une surdose, a déjà mis en place un recours collectif contre plusieurs compagnies pharmaceutiques qui avaient fait de fausses déclarations quant au risque de dépendance et aux effets indésirables des opioïdes. Le gouvernement du Québec envisage de se joindre à ce recours collectif. La Colombie-Britannique est la première province à avoir instauré, le 6 juin 2023, un régime universel couvrant les traitements qui peuvent aider au sevrage à la suite de consommation d’opioïdes de toute personne y résidant ayant une couverture médicale active.

4. Régime national d’assurance médicaments : aucune entente en 2023

Dans le cadre de l’entente de soutien et de confiance conclue entre les libéraux et le Nouveau Parti démocratique (NPD), une première loi concernant le régime national d’assurance médicaments devait être adoptée en 2023. Une première ébauche du projet de loi, refusée par le NPD en automne dernier, laisse présager que l’année 2024 verra davantage de discussions à ce sujet.

Un premier pas dans la direction d’un régime national a été fait en 2022 avec la signature de l’accord de financement par le gouvernement fédéral et l’Île-du-Prince-Édouard. Cet investissement de 35 millions de dollars sur quatre ans a déjà permis à la province de rendre certains médicaments plus accessibles à la population. Plusieurs modifications au régime provincial sont également entrées en vigueur au 1er juillet 2023, notamment pour réduire le déboursé maximal des résidentes et résidents.

Pour connaître la position de Normandin Beaudry à l’égard du régime national d’assurance-médicaments, consultez notre livre blanc.

ÉQUITÉ, DIVERSITÉ ET INCLUSION
5. Accès à la famille : explosion de l’offre des assureurs

Les couvertures provinciales reliées aux traitements de fertilité au Canada sont plutôt restreintes, ne couvrant qu’une partie des coûts pour plusieurs familles, que ce soit pour les médicaments ou les autres frais (ex. fécondation in vitro). De plus, cette couverture peut varier grandement d’une province à l’autre.

En 2023, l’offre des assureurs en matière de programmes d’accès à la famille s’est développée de façon importante en vue d’offrir aux employeurs la possibilité d’ajouter ces produits à leur couverture d’assurance collective, et ainsi couvrir le personnel à l’échelle du Canada de façon plus complète et équitable. La majorité des protections offertes remboursent les médicaments et les autres frais reliés aux traitements de fertilité.

6. Ozempic : le médicament dont tout le monde parle!

Diverses approches de gestion des coûts ont été déployées par les assureurs afin de s’assurer que l’Ozempic soit prescrit pour traiter le diabète de type 2, pour lequel il est homologué par Santé Canada, et non pour la perte de poids, malgré son efficacité.

Augmentation importante des coûts en 2022 et 2023
Ce médicament représente une part importante des dépenses des régimes d’assurance médicaments. Dans le marché, nous observons que la dépense pour ce médicament double chaque année depuis plusieurs années. Enfin, dans la dernière année, Ozempic est devenu le médicament le plus consommé (en dollars) sur le marché canadien.

Gestion des coûts par les assureurs
Même si certains assureurs disposaient déjà de bonnes mesures de gestion des coûts pour l’Ozempic (préautorisation et thérapie par étape), la majorité d’entre eux ont instauré en 2023 des mesures pour la première fois pour s’assurer que ce médicament soit remboursé uniquement pour le diabète de type 2 et non pas pour la perte de poids.

Notez que le nouveau médicament Mounjaro, approuvé par Santé Canada à l’automne 2023 comme traitement du diabète de type 2, sera soumis aux mêmes mesures de gestion des coûts que l’Ozempic.

La prochaine étape pour les promoteurs de régime est de se positionner sur la couverture des médicaments pour la gestion du poids, étant donné que la majorité des régimes ne couvrent pas ces médicaments.

7. Médicaments pour la gestion du poids

Le Wegovy (médicament fait à partir de la même molécule qu’Ozempic, mais avec un dosage plus élevé) est approuvé par Santé Canada depuis la fin de l’année 2021 à des fins de perte de poids. Toutefois, ce médicament prometteur n’avait toujours pas été commercialisé en 2023 au Canada en raison de problèmes d’approvisionnement. Bien que d’autres médicaments existent sur le marché, le Wegovy demeure très attendu en 2024.

Pour l’instant, les régimes publics canadiens ne couvrent pas les médicaments aidant à la gestion du poids. Historiquement, les régimes privés ont suivi l’exemple des régimes publics et, encore aujourd’hui, la grande majorité des régimes ne couvrent pas ces médicaments. Toutefois, nous observons un nombre grandissant de régimes qui couvrent ces médicaments depuis quelques années, et ce, pour différentes raisons.

Bien que la couverture de ces médicaments entraine une hausse directe des coûts du régime, elle pourrait également permettre de réaliser des économies ailleurs, notamment en réduisant les hospitalisations, l’absentéisme et les coûts pour le traitement des maladies cardiovasculaires.

Dans une optique d’équité, les organisations veulent s’assurer d’offrir une couverture médicaments pour l’ensemble des problèmes de santé, sans faire de discrimination. En 2023, certains assureurs ont d’ailleurs pris la décision de couvrir les médicaments pour la perte de poids dans tous leurs contrats, en offrant une possibilité aux promoteurs de régimes de les retirer.

AUTRES FAITS SAILLANTS
8. Dispensation des médicaments de spécialité – deux réalités au Canada

Les médicaments de spécialité peuvent représenter un fardeau financier important pour les personnes souffrant d’une maladie complexe, d’où l’émergence des Programmes de soutien aux patients (PSP) dans les dernières années. Ces programmes, financés par les compagnies pharmaceutiques, offrent un soutien financier combiné à une prise en charge à chaque étape de la thérapie.

Au cours des dernières années, certains PSP ont créé des partenariats avec des pharmacies spécialisées. Au Québec, le code de déontologie de l’Ordre des pharmaciens du Québec interdit l’obtention de clients par l’entremise d’un intermédiaire. Ainsi, certaines pharmacies spécialisées se sont fait sanctionner en 2023 et dans les dernières années. À l’extérieur du Québec, il n’y a aucune règle interdisant ce type d’ententes.

Afin d’économiser et d’offrir un soutien aux patients, plusieurs assureurs s’associent avec des pharmacies spécialisées afin de dispenser les médicaments de spécialité. Toutefois, cette offre n’est pas disponible au Québec, ce qui crée des iniquités pour les promoteurs de régime établis partout au Canada.

Les pharmacies spécialisées distribuent des médicaments de spécialité et offrent des conseils sur leur utilisation.
9. Le Trikafta : un produit vedette!

Le Trikafta a fait les manchettes dans les dernières années pour son efficacité à traiter la fibrose kystique. Nous observons une augmentation importante de la dépense pour ce médicament dans les régimes d’assurance collective et il fait maintenant partie des 10 médicaments les plus utilisés (en dollars) sur le marché canadien.

Le médicament approuvé par Santé Canada en juin 2021 pour les personnes de 12 ans et plus est remboursé uniquement pour les malades portant au moins une copie de la mutation delta-F508 du gène CFTR, soit 90 % des gens atteints de la fibrose kystique au Canada¹. Depuis avril 2022, le médicament est remboursé pour les enfants de 6 à 11 ans, et en octobre 2023, Santé Canada a approuvé Trikafta pour les enfants âgés de 2 à 5 ans. L’élargissement de la couverture entrainera une hausse de la dépense pour ce médicament onéreux dans les régimes privés dans les années à venir.

10. TDAH : augmentation importante des réclamants

Historiquement, les médicaments pour le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) étaient principalement utilisés par des enfants.

Au cours des dernières années, un essor de la consommation des traitements pour le TDAH chez les adultes a été observé. En 2023, sur le marché canadien, l’utilisation de médicaments pour traiter le TDAH était pratiquement égale chez les enfants et les adultes.

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette augmentation chez les adultes, notamment une meilleure acceptabilité sociale, de meilleurs outils de diagnostic ou encore le fait que la consommation se poursuive à l’âge adulte.

L’augmentation du nombre de personnes ayant soumis des demandes de règlement au cours des dernières années a exercé une pression à la hausse sur le coût des régimes d’assurance collective. L’arrivée prochaine d’une version générique du Vyvanse, l’un des médicaments les plus utilisés pour le TDAH, pourrait aider à contrôler les coûts à l’avenir.

 

Vous souhaitez avoir plus d’information sur le sujet? Communiquez avec votre spécialiste Normandin Beaudry ou écrivez-nous.

¹ FIBROSE KYSTIQUE CANADA. TRIKAFTA, [En ligne]. [https://www.fibrosekystique.ca/nos-programmes/advocacy/acces-aux-medicaments/trikafta].

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