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Normandin Beaudry

Des obligations liées aux revenus de l'économie canadienne

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Communiqué NB Vol. 11 N. 10, septembre 2008

Dans le cadre de son programme d'étude sur la retraite, l'Institut C.D. Howe a récemment publié un document qui propose le lancement d'une obligation permettant aux investisseurs de participer à la croissance de l'économie du Canada. Ces titres pourraient être une alternative viable aux obligations à rendement réel et une source de rendement à long terme intéressante pour les caisses de retraite.

L'Institut C.D. Howe, supporté par un comité formé d'intervenants de marque dans le milieu de la retraite canadien, propose l'introduction des « Trill ». Ces titres seraient comparables à une participation dans l'équité d'une société, dans ce cas-ci l'économie canadienne. Le rendement serait une fraction des revenus générés, soit le produit intérieur brut (PIB). La valeur du PIB est d'environ 1 trillion $, de là le nom « Trill ».

Ce type d'obligation directement liée au PIB n'est pas une idée entièrement nouvelle, quoiqu'elle n'ait jamais été adoptée sous cette forme simplifiée. Plusieurs pays ont emprunté sous des termes indirectement liés à l'évolution du PIB, soit l'Argentine, la Bulgarie, la Bosnie, le Costa Rica ou Singapour. Par exemple, les clauses spécifiant les taux de coupons des obligations étaient fonctions de niveaux pré établis du PIB du pays emprunteur. Cependant, jamais un pays développé en situation financière solide n'a émis d'obligations de cette nature.

Caractéristiques

L'obligation « Trill » serait émise par le gouvernement du Canada avec une date d'échéance de long terme ou possiblement à perpétuité. Elle paierait un coupon à une date fixe, soit annuellement, et serait transigée sur les marchés financiers. Le coupon versé serait variable et augmenterait en fonction du PIB. Parce que le PIB est exprimé en dollars courants, les revenus seraient protégés contre l'inflation. Ce titre offrirait en plus une possibilité de croissance reflétant la création de richesse du pays, comparativement aux obligations à rendement réel qui offrent simplement la protection contre l'inflation.

Avantageux pour les caisses de retraite

De par leurs caractéristiques de flux monétaires à long terme et de protection contre l'inflation, les « Trill » répondraient aux besoins de plusieurs caisses de retraite qui désirent mieux apparier leurs revenus avec leurs engagements envers les retraités.

De plus, ces titres offriraient une source additionnelle de diversification. Aucun instrument financier ne permet actuellement à un investisseur de participer à la croissance du niveau de vie du Canada, dont les revenus sont représentés aux deux tiers par les salaires et la rémunération diverse des canadiens. Les « Trill » apporteraient donc une diversification supplémentaire pour les investisseurs. On peut aussi penser à l'avantage pour une caisse de retraite d'avoir une portion de ses revenus de placements liés à l'augmentation des coûts de la main-d'oeuvre.

En se basant sur une modélisation des données historiques du PIB, les auteurs de l'étude, messieurs Kamstra et Shiller, estiment que le rendement historique de ces titres est de 2 % supérieur annuellement à celui des obligations de long terme depuis 50 ans.

Avantageux pour le gouvernement du Canada

Émettre des obligations liées au PIB aurait des avantages importants pour le gouvernement. Ces emprunts fourniraient une source de capitaux moins coûteuse en période de ralentissement économique, au moment même où les revenus fiscaux seraient plus faibles. En période de forte croissance économique, le service plus coûteux de cette dette serait financé par des revenus fiscaux en croissance. Il en résulterait une plus grande stabilité budgétaire. De plus, selon les auteurs de l'étude, le coût de ce type de dette est faible, et il présente certaines économies par rapport au coût de financement avec le programme d'obligations actuel.

Quelques considérations peuvent toutefois être soulevées du point de vue du gouvernement canadien. Ce dernier profite d'un surplus fiscal depuis quelques années, il est en mode de rachat de sa dette et il n'a pas un besoin important pour des obligations de long terme. En matière de gestion des besoins de trésorerie, l'objectif premier du gouvernement est de se financer au moindre coût possible. Par contre, un deuxième objectif est de maintenir la liquidité du marché des capitaux et favoriser son bon fonctionnement en permettant l'accès à des émissions d'une taille significative. Comme ses besoins de financement sont en baisse, il serait surprenant de voir Ottawa diminuer d'emblée ses emprunts d'obligations nominales et donc abaisser le niveau de liquidité du marché afin de créer une nouvelle catégorie d'obligations. L'expérience avec le programme des obligations à rendement réel en témoigne.

Malgré ces considérations, les avantages que représenteraient ces titres pour les investisseurs, notamment les caisses de retraite signifient que le gouvernement devra se pencher sur la question et répondre à la proposition très intéressante de l'Institut C.D. Howe.

Pour plus d'information, consultez le : http://www.cdhowe.org/index.cfm(anglais seulement)

 

Pour obtenir plus de renseignements à ce sujet, communiquez avec les conseillers de Normandin Beaudry.

514.285.1122
 
630, boul. René-Lévesque Ouest, 30e étage
Montréal (Québec) H3B 1S6