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Normandin Beaudry

Les obligations « Maple »

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Communiqué NB Vol. 9 N. 6, juin 2006

Un goût d’érable...

Depuis le retrait de la limite sur le contenu étranger dans le cadre du budget fédéral au début de 2005, le marché obligataire canadien n’a cessé d’évoluer. Un élément déterminant de cette transformation a été les obligations « Maple ». Nommées ainsi en référence au drapeau canadien, elles représentent des obligations libellées en dollars canadiens, mais dont l’émetteur est une entité étrangère. Cette entité peut être un gouvernement, une corporation (principalement des banques), une organisation dont les émissions sont garanties par l’État ou une organisation supra-nationale.

La popularité du marché obligataire canadien auprès des émetteurs étrangers a cru d’année en année depuis 2002 et a connu une explosion l’année dernière. En 2005 seulement, plus de 20 milliards $ de nouvelles émissions d’obligations « Maple » ont déferlé sur le marché canadien. Et la tendance semble se poursuivre puisque le montant des émissions au premier trimestre de 2006 dépasse les 6 milliards $, ce qui est supérieur au total des émissions pour l’ensemble de l’année 2002.

La provenance des émetteurs est concentrée en Europe, surtout en Allemagne et au Royaume-Uni, représentant environ 60 % des émissions d’obligations « Maple ». Les émetteurs américains comptent pour près de 30 %, alors que l’Australie et l’Asie se partagent les 10 % d’émissions restantes.

Plusieurs raisons justifient cet engouement pour le marché obligataire canadien. La principale est la demande grandissante des investisseurs canadiens pour ce type de produits. En ce qui concerne les obligations corporatives, le marché canadien est concentré auprès des cinq grandes banques. La diversification qu’apportent les obligations « Maple » est par conséquent bien accueillie. Par ailleurs, l’émission d’obligations fédérales a été en baisse lors de la dernière décennie en raison de l’amélioration des finances publiques canadiennes, ce qui a eu pour effet de favoriser l’arrivée d’autres émetteurs.

Une autre source d’enthousiasme est le contexte favorable des taux d’intérêt. Le taux des obligations fédérales canadiennes avec échéance de 10 ans est inférieur d’approximativement 60 points de base à son équivalent américain, ce qui en fait un marché attrayant pour les émetteurs chez nos voisins du Sud. D’autre part, le peu d’émissions d’obligations corporatives au Canada a contribué à créer des écarts de crédit nettement inférieurs à ceux d’autres marchés. L’introduction d’émetteurs étrangers pourrait avoir pour effet d’élargir ces écarts ainsi que d’en augmenter la volatilité, ce qui devrait créer davantage d’opportunités pour la gestion active des obligations.

Pour l’émetteur étranger, le marché obligataire canadien représente un nouveau territoire à explorer. Pour l’investisseur canadien, les obligations « Maple » représentent une opportunité de diversification avec un taux de rendement plus élevé, et ce pour une cote de crédit équivalente.

Bien qu’elles ne soient actuellement pas incluses dans l’indice global du marché des obligations canadiennes, si la tendance se maintient, les obligations « Maple » auront un impact dans le marché. Scotia Capital a d’ailleurs introduit un indice dédié aux obligations « Maple » le 3 avril 2006.

Un investisseur désirant ajouter des obligations « Maple » à son portefeuille de placement se doit de tenir compte du risque de liquidité et de s’enquérir de l’expertise du gestionnaire en matière d’analyse de crédit étranger. Il doit également s’assurer que la politique de placement de la caisse de retraite ou du fonds de placement permet l’ajout de cette catégorie d’actif.

 

Pour obtenir plus de renseignements à ce sujet, communiquez avec les conseillers de Normandin Beaudry.

514.285.1122
 
630, boul. René-Lévesque Ouest, 30e étage
Montréal (Québec) H3B 1S6